Concepts fondamentaux du partitionnement
Sous Linux, l'organisation des données repose sur la structure des disques physiques. Pour visualiser l'état actuel de vos périphériques de stockage, la commande lsblk est l'outil de référence :
[root@server ~]# lsblk
NAME MAJ:MIN RM SIZE RO TYPE MOUNTPOINTS
sda 8:0 0 60G 0 disk
├─sda1 8:1 0 1G 0 part /boot
└─sda2 8:2 0 59G 0 part
└─vg0-root 253:0 0 59G 0 lvm /
sdb 8:16 0 20G 0 disk
Formats de table de partition
- MBR (Master Boot Record) : Format historique limité à des disques de 2 To. Il autories un maximum de 4 partitions primaires. Pour dépasser cette limite, on crée 3 partitions primaires et une partition étendue, laquelle peut contenir plusieurs lecteurs logiques.
- GPT (GUID Partition Table) : Standard moderne supportant des volumes supérieurs à 2 To et permettant jusqu'à 128 partitions sans distinction entre primaire et logique.
Utilisation de l'outil fdisk
fdisk est un utilitaire interactif permettant de manipuler les tables de partition de type MBR.
Commandes interactives usuelles
p: Afficher la table des partitions actuelle.n: Créer une nouvelle partition.d: Supprimer une partition existante.w: Enregistrer les modifications et quitter.t: Modifier l'identifiant du type de partition (ex: 8e pour LVM).
Exemple de création de partitions
[root@server ~]# fdisk /dev/sdb
# Création d'une partition primaire de 4 Go
Commande (m pour l'aide) : n
Partition type
p primary (0 primary, 0 extended, 4 free)
e extended (container for logical partitions)
Sélection (p par défaut) : p
Numéro de partition (1-4, par défaut 1) : 1
Premier secteur (2048-41943039, par défaut 2048) :
Dernier secteur, +/-secteurs ou +/-taille{K,M,G,T,P} : +4G
# Création d'une partition étendue pour le reste du disque
Commande (m pour l'aide) : n
Type de partition
p primaire (1 primaire, 0 étendue, 3 libre)
e étendue (conteneur pour partitions logiques)
Sélection (p par défaut) : e
Numéro de partition (2-4, par défaut 2) : 2
Premier secteur :
Dernier secteur :
# Sauvegarde
Commande (m pour l'aide) : w
Utilisation de parted
parted est privilégié pour les disques GPT et pour l'automatisation via des scripts Shell, car il accepte des commandes en ligne de commande directe.
Mode non-interactif
# Définir l'étiquette du disque en GPT
[root@server ~]# parted /dev/sdb mklabel gpt
# Créer une partition primaire de 5 Go en ext4
[root@server ~]# parted /dev/sdb mkpart primary ext4 0GB 5GB
Formatage et montage des partitions
Une partition brute doit être formatée avec un système de fichiers avant d'être utilisable.
Formatage avec mkfs
# Formater la partition sdb1 en ext4
[root@server ~]# mkfs.ext4 /dev/sdb1
# Vérification du formatage
[root@server ~]# blkid /dev/sdb1
/dev/sdb1: UUID="a1b2c3d4-e5f6..." TYPE="ext4"
Montage manuel et permanent
Le montage lie une partition à un répertoire du système.
[root@server ~]# mount /dev/sdb1 /data
[root@server ~]# df -h /data
Pour un montage automatique au démarrage, éditez le fichier /etc/fstab :
# Apportez la modification suivante
/dev/sdb1 /data ext4 defaults 0 0
Configuraton de l'espace Swap
La partition de Swap sert d'extension à la mémoire RAM physique lorsque celle-ci est saturée.
# Initialiser la partition en tant que swap
[root@server ~]# mkswap /dev/sdb2
# Activer l'espace d'échange
[root@server ~]# swapon /dev/sdb2
# Vérifier l'état de la mémoire
[root@server ~]# free -m
Gestion des volumes logiques (LVM)
LVM offre une flexibilité supérieure aux partitions classiques en permettant de redimensionner dynamiquement les volumes.
Initialisation des Physical Volumes (PV)
[root@server ~]# pvcreate /dev/sdb1 /dev/sdb2
[root@server ~]# pvs
Création du Volume Group (VG)
[root@server ~]# vgcreate vg_stockage /dev/sdb1
[root@server ~]# vgs
Création et extension du Logical Volume (LV)
# Création d'un volume de 2 Go
[root@server ~]# lvcreate -n lv_data -L 2G vg_stockage
# Extension du volume à 5 Go
[root@server ~]# lvextend -L 5G /dev/vg_stockage/lv_data
# Mise à jour du système de fichiers (pour ext4)
[root@server ~]# resize2fs /dev/vg_stockage/lv_data
Maintenance du système de fichiers
En cas de corruption, des outils de réparation sont disponibles selon le type de système de fichiers :
- Pour Ext4 :
fsck.ext4 /dev/sdb1 - Pour XFS :
xfs_repair /dev/sdb1